Il était une fois le marché du Zoma

Publié le par Ikala



Des parasols blancs, une profusion de couleurs et de bonnes odeurs, les caquètements des volailles, des marchands et des femmes qui négocient le prix des oranges, des étals de fleurs magnifiques pour les yeux, tellement magnifiques qu’on a envie de toutes les acheter … C’est le doux souvenir que me reste du Zoma, ce grand marché d’Antananarivo qui tirait son nom du fait qu’il avait lieu chaque vendredi (zoma en malgache).

 

Chaque vendredi donc, dès l’aube, les producteurs et les paysans des alentours d’Antananarivo arrivent sur une grande place à Analakely (centre ville d’Antananarivo), les uns à bord de vieilles voitures pétaradantes plein à ras bord de produits frais venant directement des champs, les autres à bord de pousse-pousse ou de charrettes tout aussi pleins, déploient les parasols, et étalent leurs produits, donnant ainsi un tableau festoyant et riche en couleur.

 

Dès 8 heures du matin, une foule grandissante investit la place. Des femmes déambulent entre les étals avec leur panier en raphia en traquant les bonnes affaires et les produits les plus frais, des marchands louent leurs produits dans un cri rauque, les marchands aspergent d’eau les légumes dans un geste mécanique pour les garder frais, certaines femmes se fraient un chemin entre les étals juste pour le plaisir d’y être et s’imprégner de la bonne humeur générale et de l’ambiance bon enfant qui y règne. A la fin de la journée, tout le monde a le sentiment d’y avoir trouvé son compte. C’est le meilleur moment de la semaine où les marchands peuvent écouler en quantité leurs produits, les ménagères ont dans leur panier de quoi préparer un festin pour la famille à prix raisonnable, les maisons sont certainement décorées de belles fleurs, vu les étals des fleuristes qui sont quasi vides, les marchands de volailles ne remportent que les quelques dindes et poulets qui n’ont pas trouvé preneurs, … Des légumes plus frais du tout jonchent le macadam, les derniers fruits sur les étals sont bradés à presque 3 fois moins chers que leur prix normal. Car il y a ceux qui ne viennent que vers la fin de l’après midi, car c’est bien à ce moment-là que les très bonnes affaires se fassent.

 

A la nuit tombée, il ne reste plus sur la place du Zoma que les agents de la Mairie qui commencent le nettoyage des lieux, et les derniers marchands qui embarquent le reste de leurs produits dans les mêmes voitures qui sont nettement moins chargées maintenant. Sur le chemin du retour, ces marchands doivent faire les comptes de la journée tout en pensant déjà à vendredi prochain.

 

Ce ballet immuable se répète ainsi semaine après semaine, depuis la création de la ville d’Antananarivo, jusqu’au jour où la Mairie d’Antananarivo a décidé pour je ne sais plus quelle raison de supprimer le marché du Zoma. C’est un symbole de la vie tananarivienne qui a ainsi disparu. Si, il y a quelques mois, l’endroit est devenu un espace d’expositions d’œuvres (tableaux) d’artistes à promouvoir, actuellement, il est devenu tout bonnement un parking gardé. Le Zoma n’existe plus que dans nos souvenirs et sur quelques tableaux de peintres nostalgiques du bon vieux temps.

 

 

Publié dans Dans Tanà

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Guyl 03/10/2009 18:56


Je découvre ton blog, j'aimerai aller à Madagascar lorsque je retournerais à la Réunion qui est proche.
Bonne soirée !!