Le cœur haïtien

Publié le par Aina




De l’image d’une île magnifique et époustouflante, il ne reste que des visions d’horreur : chaos, gravats, ruines, douleurs, souffrances, larmes, cris … Des milliers de vies ont été arrachées après seulement quelques minutes, insoutenables et interminables pour les haïtiens. Tout un peuple affiche aux yeux du monde, qui peine à leur venir au secours, leurs blessures à vif, des âmes en peine qui tentent de soulever à mains nues les tonnes de bétons qui ensevelissent leurs proches, leurs très proches. 70 rescapés ont été officiellement sauvés des ruines. Des miraculés ! Mais beaucoup trop peu pour les familles déchirées !

 

Chacun, à sa façon, tente de se mobiliser à leur niveau si minime face à l’ampleur du sinistre. Caro nous a parlé de Loveline, qui s’en est allée, loin, avec une soixantaine de ses petits camarades de l’orphelinat qui les accueillait, et qui n’est plus que ruine et mort. Mais Winnie l’a déjà remplacée : cette petite fille, que dis-je ! ce bébé de 16 mois, qui est restée 3 jours aux côtés des corps sans vie de ses parents, et qui, poussée par l’instinct de survie propre aux humains, a suivi un rai de lumière pour sortir de cet enfer, mais pour rejoindre quoi ? Un autre enfer ? Et voilà une orpheline de plus, qui, à 16 mois, porte déjà sur ces trop petites épaules les souffrances du monde ! Devoir survivre et continuer ! Seule ! Sans les êtres qui lui sont les plus chers au monde ! Le comprend-elle seulement ? Pas encore ! Là est tout le drame ! Elle grandira avec ce sentiment d’avoir été laissée seule !

 

C’est pour cela que nous n’avons pas le droit ! Nous n’avons pas le droit de nous plaindre chaque matin de sortir par un temps pluvieux ou par un temps neigeux ! Nous n’avons pas le droit de nous énerver les uns contre les autres dans les embouteillages ! Nous n’avons pas le droit de fulminer pour une viande un peu trop cuite, ou que sais-je encore, car à côté, en Haïti, tout un peuple, des pères qui ne retrouvent plus leurs enfants, des mères qui serrent contre elles le corps sans vie de leurs enfants, des enfants hagards qui se demandent où sont passées Papa et Maman, des gens qui n’ont rien, qui luttent contre la mort, qui vivent un enfer que nous ne pouvons même pas imaginer, sont livrés à eux-mêmes, n’ont ni à manger ni à boire, ni l’espérance d’un lendemain heureux !   

 

Aujourd’hui, alors que la chance de retrouver encore des survivants est très mince, nous ne pouvons qu’avoir le cœur haïtien, qui bat à l’unisson avec celui des haïtiens, et nous ne pouvons que faire une prière à l’endroit de nos frères et de nos sœurs en Haïti pour qu’ils trouvent en eux et en Dieu la force de continuer !

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